Ständchen Impromptu nº3 opus 90
Hugo Wolf (1860-1903) In der Frühe
Verborgenheit
Richard Strauss…" />
24 may
2003
Musique

Concert "Nuit de mai à Vienne"

Nuit de mai à Vienne

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Canzonetta su l'aria (duo des Noces de Figaro)

Franz Schubert (1797-1828) An die Musik Winterreise "Gute Nacht" Ständchen Impromptu nº3 opus 90

Hugo Wolf (1860-1903) In der Frühe Verborgenheit

Richard Strauss (1864-1949) Allerseelen Morgen Die Nacht Zueignung

Robert Schumann (1810-1856) Carnaval de Vienne

Alban Berg (1885-1935) Die Nachtigall Im Zimmer Nun ich der Riesen Stärksten überwand

Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) Come away, death Mariettas Lied zur Laute (aria de la Ville morte)

Et en dessert… Jacques Offenbach (1819-1880) Barcarolle (duo des Contes d'Hoffmann)

Jade Boutin, piano Barbara Pigott, soprano Natalie Lithwick, mezzo-soprano Severin Krön, récitant

Nuit de Mai à Vienne….

«Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots», La Nuit de mai, Alfred de Musset.

Le thème de ce concert unit la capitale autrichienne d'où viennent les compositeurs et l'atmosphère des lieder où l'espérance lumineuse et printanière se mêle à l'angoisse nocturne. Comment débuter une soirée viennoise sans rendre hommage à cette étoile filante, tombée du ciel pour nous combler et repartie au bout de trente-cinq années de vie terrestre? Ce duo tendre et malicieux des Noces de Figaro mêle les voix de la comtesse et de Suzanne: la comtesse dicte une lettre à sa servante pour fixer un rendez-vous vespéral au comte et demande à celle-ci de se déguiser pour lui jouer un tour: «Quel doux zéphir…» .Mais nous quittons ce ton de badinage amoureux pour entrer dans une atmosphère plus sombre, celle du Romantisme avec Schubert. Le premier lied est une dédicace à la consolatrice des âmes, la musique. Puis nous avançons dans ce voyage nocturne avec le premier lied du Voyage d'hiver, chant d'amour et d'adieu, d'une sérénité teintée de désespoir ainsi que la célèbre sérénade, amoureuse et inquiète. Un impromptu au piano seul viendra clore cette partie consacrée à Schubert.

Se situant dans la continuité du lied romantique de Schubert et de Schumann, Wolf ira encore plus loin dans l'expression du désespoir et de la noirceur: l'obscurité a triomphé de la lumière…Richard Strauss est l'allemand égaré parmi ces compositeurs autrichiens, mais il vécut à Vienne et sa musique et ses lieder s'inscrivent toujours dans cette tradition romantique tout en développant une harmonisation influencée par «la nouvelle musique» de la fin du XIXème siècle incarnée par Wagner. Avant d'aborder le XXème siècle, la pianiste exécutera une pièce de Schumann Le Carnaval de Vienne.

Les lieder de Berg choisis témoignent de cette période pré-sérielle, d'avant 1910, où le compositeur explore encore toute la richesse d'une musique tonale et lyrique, mais marquée par l'esthétique raffinée de cette époque d'avant la première guerre mondiale. Encore peu connu, Korngold témoigne de la vitalité créatrice de l'entre-deux guerres. Comme Strauss, Korngold ne composera pas de musique sérielle, mais se situera dans la tradition de la musique viennoise explorant toute la richesse de l'orchestration. Le premier chant en anglais date de la période américaine et le second de la période viennoise, c'est un air de l'opéra La Ville morte qui est tiré du roman de Rodenbach Bruges-la-morte, œuvre emblématique du mouvement symboliste.

Pour clore ce moment musical, nous avons choisi la barcarolle des Contes d'Hoffmann «Belle nuit, ô nuit d'amour…»:qui évoque avec la légèreté du champagne la nuit et l'amour: «Zéphirs embrasés, versez-nous vos caresses…».

Un rapide aperçu sur les compositeurs….

Wolfgang Amadeus Mozart, compositeur autrichien né à Salzbourg en 1756, mort à Vienne en 1791, fils de Leopold Mozart. Ses premières compositions datent de 1762. Il effectue avec sa sœur Maria Anna des voyages dans toute l'Europe où ils se produisent, puis il étudiera avec Haydn à Salzbourg. En Italie, il découvre le style vocal de l'opéra italien et la polyphonie traditionnelle avec Martini. A partir de 1777, c'est le départ pour le grand voyage qui transformera le musicien en grand maître : Munich, Augsbourg, Mannheim, Paris, Nancy, Strasbourg…A partir de 1781, il vivra comme musicien indépendant à Vienne. L'année suivante, il épouse Constance Weber, rencontre Da Ponte et rentre dans la loge maçonnique. Les années 1784-1787 sont fastes: il compose surabondamment dans tous les domaines, concertos, quatuors, trios, quintettes et ses opéras les plus célèbres. Malgré son titre de musicien de chambre impérial à Vienne, Mozart s'enfonce dans la solitude et vit difficilement. La venue mystérieuse du commanditaire du requiem semble avoir précipité la mort du musicien, emporté par la fièvre en décembre 91. Disciple des classiques viennois, il sera très influencé par la musique italienne du XVIIIème siècle, mais également du XVIIème et du XVIème siècle. Il emprunte également sa forme à la symphonie concertante française, et le quatuor à cordes à Haydn. Vers 1780-1782, Mozart se transformera au contact des pages de Bach et Haendel lues chez le baron von Swieten à Vienne.

Franz Schubert, compositeur autrichien, né en 1797 et mort en 1828 à Vienne. Il rentra très jeune en tant que chanteur dans la chapelle impériale et au séminaire. Son maître Salieri encourage ses premières compositions. Après la mue de sa voix il devient maître d'école tout en composant opéras, messes et lieder. Grâce à l'aide financière de Franz von Schober, il put se consacrer entièrement à la musique et rencontrer le ténor Michael Vogl qui fut le premier et le brillant interprète de ses lieder. En dehors de deux séjours en Hongrie chez les Esterhazy, et des petits voyages en Autriche, le jeune homme ne quitta jamais Vienne où il ne réussit jamais à imposer son génie. Un seul concert de ses œuvres fut organisé de son vivant. Le typhus l'emporte à trente et un ans laissant une œuvre considérable: six cents lieder, neuf symphonies, vingt quatuors, autant de sonates, vingt-deux opéras, des chœurs, des messes ..etc. Plus près de Mozart que de Bach, Schubert est romantique par ses trouvailles harmoniques, ses modulations subtiles qui vivifient les formes classiques qu'il utilise.

Hugo Wolf, compositeur juif autrichien, né en 1860 et mort à Vienne en 1903. Il apprit le violon et le piano avec son père. Puis, il étudia au conservatoire de Vienne où il fut chassé pour indiscipline en 1875. Second maître de chœur à Salzbourg pendant deux ans, il retourne à Vienne en 1884, où il vit de ses cours particuliers et de sa critique musicale. Hypernerveux et instable, il fit plusieurs séjours à l'asile psychiatrique avant d'être définitivement interné en 1897 à la suite d'une tentative de suicide. Il meurt après avoir été frappé de paralysie générale. Grand maître du lied romantique, il composa trois cents lieder dans la tradition de Schubert et Schumann, mais où l'influence de Wagner est assez nette. La partie du piano acquiert dans ceux-ci une certaine autonomie par rapport à la voix.

Richard Strauss, compositeur et chef d'orchestre allemand né à Munich en 1864 et mort en 1949. Il étudie le piano avec Tombo, la composition avec F.W. Meyer et la direction avec Hans von Bülow, qui le fait nommer chef d'orchestre à Meiningen à l'âge de vingt et un an. L'année suivante, il est troisième chef d'orchestre à Münich, puis devient maître de chapelle à la cour de Weimar en 89. L'écoute des opéras de Wagner l'orientera vers «la musique de l'avenir», et il dirigera lui-même ces œuvres. Chef d'orchestre de la cour de Munich en 1894, puis de l'Opéra de la cour de Berlin en 1898, directeur général de la musique, puis professeur de composition à l'école supérieure de musique de Berlin, il dirige enfin l'Opéra de Vienne avec Franz Schalk à partir de 1919. Il fit des tournées triomphales à travers le monde, et prit la succession de B.Walter à Leipzig en 1933. Marqué par l'influence des Romantiques et Wagner, il trouve dans le poème symphonique la forme la plus apte à traduire des thèmes hérités de la philosophie de Nietzsche. Ses nombreux opéras se caractérisent par un retour au baroque du XVIIIème siècle par un style qui s'inspire à la fois de Mozart, du théâtre antique mais qui traduisent également une puissance et une sensualité proches parfois de Puccini. L'œuvre de Strauss reste fermée aux révolutions musicales du XXème siècle et se caractérise par la richesse des lignes mélodiques, l'utilisation de toutes les possibilités orchestrales et font de lui peut-être le dernier musicien romantique.

Alban Berg, compositeur autrichien né en 1885 et mort en 1935 à Vienne. Elève de Schönberg comme Anton Webern de 1904 à 1910. Le maître et ses deux élèves se lièrent d'une solide amitié. Les premières compositions de Berg sont intensément lyriques et fidèles à la tonalité. A partir de 1909, Berg rompt avec celle-ci pour composer selon la technique des douze sons (musique dite «dodécaphonique» ou «sérielle»).La représentation en 1925 de Wozzeck déchaînera la fureur, mais marquera profondément la musique dramatique de XXème siècle, introduisant des mélodies sérielles dans l'opéra ainsi que le «sprechgesang»(«parlé-chanté») schönbergien. Sa dernière œuvre, un concerto pour violon dédié à la fille d'Alma Malher morte à dix-huit ans en 1935, marque un retour au romantisme et à la tonalité. Il reste néanmoins que Berg a porté le style atonal à son plus haut point d'expression.

Erich Wolfgang Korngold, Compositeur juif autrichien naturalisé américain, né en 1897 et mort en 1957 à Vienne. Fils du redouté Julius Korngold, tout-puissant critique viennois du «Neue Freie Presse», le jeune Erich Wolfgang compose dès l'âge de douze ans et subjuguera ses contemporains, Richard Strauss, Gustav Malher, Nikish ou Weingartner. Dernier représentant de l'esprit romantique viennois, il participe à l'effervescence créatrice de l'entre-deux guerres, remportant un grand succès avec son opéra «Die tote Stadt» (la Ville Morte). Il doit s'exiler en 1938 aux Etats-Unis où il composera pour Hollywood la musique de nombreux film et incarnera à partir de ce moment-là «la musique hollywoodienne». Il poursuit cependant la composition d'œuvres «sérieuses». Il ne réussira jamais à se défaire de son image de compositeur de cinéma et son retour à Vienne, où il est désormais oublié, sera un échec.

Jacques Offenbach, compositeur juif allemand naturalisé français, né à Cologne en 1819 et mort à Paris en 1880. Fils d'un chantre israélite de Cologne, il vient très jeune à Paris et entre comme violoncelliste à l'Opéra-Comique, avant d'être engagé comme chef-d'orchestre à la Comédie-Française. Il ouvre un théâtre d'opérettes sous le nom de Bouffes-Parisiens. Ses œuvres n'eurent aucun succès sur les scènes officielles. Ce n'est qu'après sa mort que triomphèrent à l'Opéra-Comique ses Contes d'Hoffmann en 1881.Offenbach nous a laissé cent deux opérettes pleines d'humour et de verve reflétant la société du second empire et dont le succès jusqu'à présent ne s'est jamais démenti.

Samedi 24 mai 2003 - 20h45

Espace Daniel Sorano 16, rue Charles Pathé Vincennes


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