La Librairie Delamain, les éditons Plon et le Forum Culturel Autrichien vous invitent à une soirée dédiée à la traduction en français d’une œuvre majeure de la littérature viennoise : L’Escalier du Strudlhof d’Heimito von Doderer, traduit par Pierre Deshusses et paru aux éditions Plon en octobre 2026. À cette occasion sera présentée plus largement la littérature autrichienne en France.
L’intrigue de L’Escalier du Strudlhof s’ouvre en 1910 à Vienne, où le lieutenant Melzer laisse échapper son amour pour Mary K. La Grande Guerre disperse ensuite toute une génération de Viennois. Dans l’Autriche républicaine de l’après-guerre, chacun cherche à retrouver sa place parmi les ruines du monde ancien. Les destins de ces personnages semblent d’abord s’éloigner les uns des autres. Pourtant, un accident de tramway réunit soudain ces existences éparpillées. Chez Doderer, ce sont les rencontres, les retards et les hasards qui dessinent la véritable architecture des destins. Le mythique escalier du Strudlhof, dans le quartier d’Alsergrund, devient alors le lieu où leurs trajectoires finissent par s’entrelacer.
Au programme : Loris Perret, éditeur chez Plon, réunira autour de ce livre le traducteur Pierre Deshusses et l’homme de lettres Jean-Yves Masson. La rencontre débutera par une présentation de la traduction de L’Escalier du Strudlhof et de la collection Feux croisés, avant de s’élargir à la littérature autrichienne.
Julia Thallinger, directrice du Forum culturel autrichien de Paris, présentera ensuite le Prix du livre autrichien France 2026, ainsi que les tournées de lecture en France des écrivains autrichiens lauréats de cette récente compétition. La soirée s’achèvera par une séance de dédicace avec le traducteur Pierre Deshusses.
Heimito von Doderer
Heimito von Doderer, né le 5 septembre 1896 à Hadersdorf, près de Vienne (Basse-Autriche), et mort le 23 décembre 1966 à Vienne, fit ses premiers essais littéraires pendant son service militaire, alors qu’il était prisonnier de guerre en Russie. Après s’être évadé du camp de prisonniers, il commença des études d’histoire et de psychologie à l’université de Vienne. Il gagnait sa vie comme chroniqueur culturel pour divers quotidiens viennois. En 1940, après avoir brièvement adhéré au NSDAP, il prit ses distances avec le nazisme et se convertit au catholicisme.
Doderer est considéré comme un classique de la littérature germanophone. Cependant, son attachement à la narrabilité du monde, mais aussi son style et l’époque dans laquelle se déroulent ses deux grands romans, Die Strudlhofstiege (L’Escalier du Strudlhof) et Die Dämonen, qui comptent parmi les textes littéraires les plus importants de l’Autriche d’après 1945, l’ont souvent fait passer pour un représentant tardif de l’ancienne Autriche. Cette perception est contredite par le côté grotesque, voire anarchique, de son œuvre, notamment le roman Die Merowinger ainsi que nombre de ses nouvelles et micro-nouvelles. L’« idéologie de l’absence d’idéologie » (Karl M. Benedek) de Doderer a sans doute constitué une condition préalable essentielle à ses succès de l’après-guerre, rendue viable par la maîtrise esthétique et constructive hors du commun de ses œuvres.